• Un monde fou

    Cris et coups, haine et peur, pleuvent de toutes parts. L'horreur et l'impuissance, aux yeux pervers et aux mains avides, reviennent sur leurs pas. Elles leur enserrent la gorge d'une main et leur martyrisent le cœur de l'autre avec une dextérité qui ne peut être acquise que par une pratique régulière.

    Ils contiennent leur douleur, empêchent les hurlements de désespoir de franchir la barrière de leurs lèvres et conservent le tout dans les tréfonds inquiétants de leur âme meurtrie. Il ne leur reste alors plus que leurs larmes, brûlantes de rage, qui viennent tracer des chemins sinueux sur leurs joues rougies par la honte.

    Ils se croient faibles et indignes d'être aimés. Ils se pensent lâches et irrécupérables. On leur a enseigné qu'ils n'étaient rien, rien que de la poussière s'accumulant dans le recoin sombre d'une cave, des insectes répugnants qu'on écrase sous nos semelles impeccables. Le monde ne leur a appris qu'à se détester pour leur dire ensuite qu'ils ne devaient pas le faire.

    C´est une ville que je connais

    Une chanson que je chantais.
    Y a du sang sur le trottoir
    C´est sa voix, poussière brûlée
    C´est ses ongles sur le blindé.
    Ils l´ont battu à mort, il a froid, il a peur.
    De n´importe quel pays, de n´importe quelle couleur."

    Noir Et Blanc, de Bernard Lavilliers.


  • Commentaires

    1
    Jeudi 1er Avril à 18:04

    J'aime beaucoup ton texte, bravo ! 

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